// LA DANSE URBAINE, UNE DANSE DE SOCIÉTÉ // – critique sur la conférence dansée

Hip-Hop, Break Dance, House, Krump, Voguing, Dancehall, Pantsula, Kuduro, Passinho, Dub Step, voici les dix danses urbaines qu’ont choisies de mettre en lumière François Chaignaud, Cecilia Bengolea et Ana Pi.

Sur le plateau c’est la danseuse brésilienne Ana Pi qui s’y colle. A l’aide d’un vidéo-projecteur, de quelques tenues bien choisies, elle va nous faire voyager de l’Asie aux Etats-Unis en passant par l’Amérique Latine, l’Europe et bien sûr l’Afrique. Là où tout à commencé. Petite forme de quarante minutes cette conférence dansée, nous donne des informations sur l’origine de ces danses urbaines, le contexte sociologique qui les a vu naître, mais aussi sur le sens qu’elles ont pris et leur éventuelle évolution.

Ainsi, on apprend que la House, née dans les années 80 à Chicago, New-York et Johannesburg, se dansait dans des grands halls abandonnés et réunissaient des personnes de classes sociales et de couleurs différentes (pour ce qui est des Etats-Unis sans doute, pour l’Afrique du Sud ce n’est pas précisé). Le Pantsula venu d’Afrique du Sud-est, comme le Krump un peu plus tard aux Etats-Unis, une danse de la révolte face à l’oppression et discrimination que connaissent notamment les personnes de couleurs. D’autres comme le Kuduro, comprenez cul dur, est née dans les faubourgs déshérités de Luanda, la capitale de l’Angola. C’est une danse très festive mais qui peut prendre des formes moins gaies lorsqu’elle simule les ravages de la guerre par des chutes raides et violentes, explique la jeune Ana Pi.

Le tour du monde des danses urbaines en 10 villes appelé aussi Malette, est une incitation à la curiosité. Une démonstration de la grande créativité des êtres humains quelle que soit leurs cultures et leur environnement. On perçoit bien cette faculté à créer du beau, de la poésie, de l’art, une culture dans la culture, à partir d’un quotidien qui peut être parfois violent tant physiquement et psychologiquement. Ana Pi nous conte donc avec son doux et chantant accent brésilien, des danses « glamoureuses », des danses politiques, des danses revendicatrices, qui naissent dans la rue et se codifient petit à petit, jusqu’à créer des « batailles » un peu partout dans le monde. De ce tour du monde, ressort aussi le passage des frontières de ces danses. Si une danse émerge dans un pays, elle peut très rapidement se déplacer et devenir la spécialité d’un autre pays. C’est le cas notamment au Japon avec la Break Dance.

Cette conférence dansée ne tient pas qu’à des mots ou à des images. François Chaignaud et Cecilia Bengolea, ont sollicité Ana Pi la conférencière, à entreprendre quelques uns des pas caractérisant ces danses. Délicieux moment où elle revêt un jogging dix fois trop large, et exécute des pas de Krump. On reste médusé par ce corps si frêle et si fin, se transformant en guerrier les bras ouverts, les jambes pliées, écartées et qui s’avance le visage lui aussi transformé, avec la rage de ces danseurs.

Ce tour du monde est un excellent moment, bien sûr non exhaustif, mais qui a la qualité de donner envie d’aller vers…

Louise Dutertre.

Le mardi 17 juin 2014 – L’Atelier de Paris (Festival June Events)

>> http://umoove.fr/2014/06/le-tour-du-monde-des-danses-urbaines-en-10-villes-francois-chaignaud-et-cecile-bengolea/

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